June 5, 2020

You can hear the sound of supper coming long before the wind picks up its scent. The clanking of steel bowls, heavy thud of bootsteps on the wooden floor, and final latch click of the old screen door opening on its creaky hinges. Within moments, the dinner songs begin, accompanied by the sounds of chains dragging along as hungry, tail-wagging tap dancers eagerly pace for their share. Tongues slap wind burnt muzzles and moisten ice tipped whiskers in anticipation of the warm rich feast. The scent of supper makes my stomach growl, and I too find myself singing along. 

Father arrives and despite the raging urge I have to dive into my bowl, I wait for him to put it down. His thick strong fingers...

Dans son essai publié en 1961, Gaston Bachelard développe une poétique de la flamme qu'il personnifie et décrit comme un des plus grands opérateurs d’images[1]. Psyché, figure mythologique revivifiée par l'iconographie Renaissance et baroque ne dira pas le contraire : c'est grâce à la flamme de sa chandelle, « précaire et vaillante »[2] qu'elle découvre l'érotisme et satisfait une pulsion scopique trop longtemps retenue. Comme les Madeleine pénitentes de Georges de la Tour, Psyché est rêveuse au petit feu, un feu domestique et intime. Une bougie finissant de se consumer dans les mains, elle est une allégorie fréquente des vanités : Vanitas vanitatum, et omnia vanitas, et en em...

March 24, 2020

O’Neill Cottage Hearth, County Clare

One spark; a beginning.

Centred heart, flames

feathering. Rising wings.

Peat bog turf, bricked.

Pieces of coal, rough-blackened.

Logs, mossy bark, lichen-dressed. 

Fragments, slivering;

coal, smouldering;

scarlet light, cast on far wall.


 

Transformed

This tree, well rooted

on the night before it falls,

bends and shivers in the rain,

folds into itself and shrinks inwards.

When dawn comes, it pales, 

gold and red leaves fluttering,

finds limbs that are cut from trunk, 

one after the other, matchsticks on the ground.

Gathered now, set aside to dry out, 

piled up against a worn and kneeling fence.

Soon to hear crisp snap of flame—quick kindled—

coaxed to soaring; soon to blaze, s...

February 27, 2020

Eugène Delacroix, La mort de Sardanapale, 1828.

392 cm x 496 cm, huile sur toile

Musée du Louvre, Paris

Gigantesque et magistrale est la violence du combat qui oppose les sujets virils aux femmes nues dans le tableau d’Eugène Delacroix intitulé La mort de Sardanapale (1828). Le thème, issu d’une légende babylonienne, montre un roi vautré sur son lit, assistant face à nous et sans état d’âme au massacre de ses maîtresses et à la destruction de tous ses biens. Dans la sombre chaleur d’une chambre ouverte, chevaux, femmes et objets de plaisirs deviennent les martyrs d’un désir fou né dans l’imaginaire du souverain assyrien qui, assiégé et se sachant perdu, préfère tuer ses amours et disparaître da...

January 31, 2020

Le feu solsticiel déborde du ciel en une gavotte macabre,          

TAN, TAN ; TAN, TANTAD,          

Vibre au rythme de l'univers, claque, crépite.          

Accord profond, harmonie entre ce qui est et ce qui advient,          

Communion des vivants et des morts.          

La langue de flammes lèche les visages et consume, ceux qu'on exhume.          

Ce phare qui scintille dans la nuit et indique l'île du passage,          

Fin de l'Abred, où les cierges vacillent, TAN, TAN,          

Et, veille...

January 23, 2020

Jean Giono est connu pour son attachement passionné à la nature, qu’il célèbre à travers ses écrits en la présentant d’une manière séduisante et en mettant en lumière sa splendeur. Mais la nature est aussi cruelle, comme en témoigne Gaston Bachelard, grand pionnier des recherches sur l’imaginaire du feu, pour qui cet élément naturel revêt un caractère ambivalent lié à sa puissance de destruction et à sa force créatrice (23). Ainsi, dans Colline, Giono décrit un village isolé, une microsociété bordée de collines, de végétations et nantie de bastides blanches, où vivent une douzaine de gens confrontés à un incendie singulier.


L’incendie qui survient dans ce récit est annoncé par la fumée. Elle...

January 17, 2020

Les travaux de Bill Viola sont parfois exposés dans des lieux de culte tant leurs images, toujours symboliques, font écho au répertoire du sacré. Les références bibliques parcourent son œuvre, jouant avec les codes iconographiques classiques. La puissance des quatre éléments (eau, air, terre, feu) est aussi un leitmotiv : dans The Crossing (1996), l'eau et le feu y sont consacrés.

Il n'y a pas dans son travail de lecture littérale et unique, mais plutôt un agrégat d' imaginaires qui se diffuse et qui laisse, selon les sensibilités de chacun, une empreinte à la fois onirique et cauchemardesque. De même, pas un seul modus operandi, mais plusieurs dispositifs et médiums mis en œuvre, avec u...

January 7, 2020

Lorsqu’il est invité à en parler, Aimé Césaire affirme souvent que sa « poésie est péléenne[1] ». Le lecteur de ses textes constate que les paysages et les reliefs n’en finissent pas de trembler et de bouger. Volcanique, la terre antillaise subit la force impétueuse d’éléments qui font émerger des îles et déplacent des montagnes. Le regard porté sur la géographie accidentée du « pays natal » éveille le souvenir traumatisant d’une éruption tragique, celle de la Montagne Pelée : « et nous passerons au col du Désastre[2] » (436), rappelle le poète de Moi, laminaire… (1982). Cet ébranlement gigantesque des paysages s’est inscrit dans l’histoire de l’île à trave...

December 12, 2019

You have always found it easy 

to burn your boats

gathered kindling 

lit a match

uttered prayers

as if honouring the occasion

masks its essential destruction.

I am a boat burning.

No raising of hands, eyes

no sacred herbs

stops me from being a pyre

pushed out on the water

flare pulsing

in front of your closed eyes.

December 3, 2019

Somin volcan[1]

« Voyage au volcan » disait-on aux XVIIe et XVIIIe siècles sur l’île Bourbon[2] ; la première ascension réussie du Piton de la Fournaise, dont le sommet est à 2650 mètres d’altitude, date de 1760.

L’expédition est lourde. Mandatée par des créoles blancs de Bourbon, cultivés et relativement riches, elle comprend un guide local et des Noirs, au nombre de 20 ou plus, qui seront les porteurs du pesant matériel de l’époque : instruments d’observation, cordes, linge, nourriture, avec une bonne réserve de café, alors cultivé dans l’île, et de rhum pour lutter contre le froid. Tout est mis dans le « goni », toile de sac qui servait à emporter les denrées sur les bateaux et qu...

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