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August 10, 2020

Quelque chose se passe entre le Crépuscule ... et l'Aube où la conscience revient à soi, mais déjà trop tard pour l'événement qui s'éloigne

Emmanuel Lévinas

DISAPPARITION

bruisse déjà                        avant de réussir l'abord

déjà là                      au fond de la papille nuiteuse

fantôme de l'ombre        point sommeillant encore

de présence aveugle               blancheur muqueuse

s'ache...

July 31, 2020

Au Moyen Âge, les imagiers ont peint des scènes nocturnes baignées d'une lumière dorée pour montrer les réalités divines, offrant ainsi un contraste avec l'univers de la nuit[i]. Contraints par la lumière déclinante du jour pendant l'été ou par le faible rayonnement du feu de cheminée l'hiver, les individus vivaient dans la pénombre. Pour pallier le manque de lumière, quelques familles employaient des bougies et des cierges pour éclairer l'intérieur de leur maison. Toutefois, les bougies en cire d'abeille, coûteuses, étaient réservées aux riches, c'est-à-dire au clergé, à la noblesse ou encore à la bourgeoisie. Les pauvres confectionnaient davantage des éclairages de fortune, faits avec une...

July 26, 2020

black and grey silhouette
photographer’s
silvered gelatin image
of a ship, sails slack, motionless          
but for frills of velvet sea
that nudge, gently rock
like breath
masts black again pale sky

remnants of frost 
or forest fire

twist of torn tree 
hollow fallen
bone bleached through bark, grey 
hand-smooth 
open heart contorted
a wrench around its core 
as it fell

I want that spiral 
in a song

the pond a bowl
of light and sky
 

June 5, 2020

You can hear the sound of supper coming long before the wind picks up its scent. The clanking of steel bowls, heavy thud of bootsteps on the wooden floor, and final latch click of the old screen door opening on its creaky hinges. Within moments, the dinner songs begin, accompanied by the sounds of chains dragging along as hungry, tail-wagging tap dancers eagerly pace for their share. Tongues slap wind burnt muzzles and moisten ice tipped whiskers in anticipation of the warm rich feast. The scent of supper makes my stomach growl, and I too find myself singing along. 

Father arrives and despite the raging urge I have to dive into my bowl, I wait for him to put it down. His thick strong fingers...

Dans son essai publié en 1961, Gaston Bachelard développe une poétique de la flamme qu'il personnifie et décrit comme un des plus grands opérateurs d’images[1]. Psyché, figure mythologique revivifiée par l'iconographie Renaissance et baroque ne dira pas le contraire : c'est grâce à la flamme de sa chandelle, « précaire et vaillante »[2] qu'elle découvre l'érotisme et satisfait une pulsion scopique trop longtemps retenue. Comme les Madeleine pénitentes de Georges de la Tour, Psyché est rêveuse au petit feu, un feu domestique et intime. Une bougie finissant de se consumer dans les mains, elle est une allégorie fréquente des vanités : Vanitas vanitatum, et omnia vanitas, et en em...

March 24, 2020

O’Neill Cottage Hearth, County Clare

One spark; a beginning.

Centred heart, flames

feathering. Rising wings.

Peat bog turf, bricked.

Pieces of coal, rough-blackened.

Logs, mossy bark, lichen-dressed. 

Fragments, slivering;

coal, smouldering;

scarlet light, cast on far wall.


 

Transformed

This tree, well rooted

on the night before it falls,

bends and shivers in the rain,

folds into itself and shrinks inwards.

When dawn comes, it pales, 

gold and red leaves fluttering,

finds limbs that are cut from trunk, 

one after the other, matchsticks on the ground.

Gathered now, set aside to dry out, 

piled up against a worn and kneeling fence.

Soon to hear crisp snap of flame—quick kindled—

coaxed to soaring; soon to blaze, s...

February 27, 2020

Eugène Delacroix, La mort de Sardanapale, 1828.

392 cm x 496 cm, huile sur toile

Musée du Louvre, Paris

Gigantesque et magistrale est la violence du combat qui oppose les sujets virils aux femmes nues dans le tableau d’Eugène Delacroix intitulé La mort de Sardanapale (1828). Le thème, issu d’une légende babylonienne, montre un roi vautré sur son lit, assistant face à nous et sans état d’âme au massacre de ses maîtresses et à la destruction de tous ses biens. Dans la sombre chaleur d’une chambre ouverte, chevaux, femmes et objets de plaisirs deviennent les martyrs d’un désir fou né dans l’imaginaire du souverain assyrien qui, assiégé et se sachant perdu, préfère tuer ses amours et disparaître da...

January 31, 2020

Le feu solsticiel déborde du ciel en une gavotte macabre,          

TAN, TAN ; TAN, TANTAD,          

Vibre au rythme de l'univers, claque, crépite.          

Accord profond, harmonie entre ce qui est et ce qui advient,          

Communion des vivants et des morts.          

La langue de flammes lèche les visages et consume, ceux qu'on exhume.          

Ce phare qui scintille dans la nuit et indique l'île du passage,          

Fin de l'Abred, où les cierges vacillent, TAN, TAN,          

Et, veille...

January 23, 2020

Jean Giono est connu pour son attachement passionné à la nature, qu’il célèbre à travers ses écrits en la présentant d’une manière séduisante et en mettant en lumière sa splendeur. Mais la nature est aussi cruelle, comme en témoigne Gaston Bachelard, grand pionnier des recherches sur l’imaginaire du feu, pour qui cet élément naturel revêt un caractère ambivalent lié à sa puissance de destruction et à sa force créatrice (23). Ainsi, dans Colline, Giono décrit un village isolé, une microsociété bordée de collines, de végétations et nantie de bastides blanches, où vivent une douzaine de gens confrontés à un incendie singulier.


L’incendie qui survient dans ce récit est annoncé par la fumée. Elle...

January 17, 2020

Les travaux de Bill Viola sont parfois exposés dans des lieux de culte tant leurs images, toujours symboliques, font écho au répertoire du sacré. Les références bibliques parcourent son œuvre, jouant avec les codes iconographiques classiques. La puissance des quatre éléments (eau, air, terre, feu) est aussi un leitmotiv : dans The Crossing (1996), l'eau et le feu y sont consacrés.

Il n'y a pas dans son travail de lecture littérale et unique, mais plutôt un agrégat d' imaginaires qui se diffuse et qui laisse, selon les sensibilités de chacun, une empreinte à la fois onirique et cauchemardesque. De même, pas un seul modus operandi, mais plusieurs dispositifs et médiums mis en œuvre, avec u...

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