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Feu en réserve

November 27, 2019

piquets d’Orme           

arrachés au sentier côtier         

taillent les crayons noirs           

d’un bûcher jamais ignifié          

 

la lune a décidé          

                                        

d’éclairer

ce feu de plage

avorté

sable gris pour cendres

étoiles jaunes pour étincelles

flammeroles des lampes en guise de brasier

garçons cheveux longs guitares filles bandanas bières

conversations brisées de silence ressac

poisson grillé sur grilles d’aiguilles

l’œil incandescent d’incrédulité

bref feu flamme fouet

laminaire rougeoyante

 

les téléphones crépitent d’autoportraits

les fumées brument en feu follet

rires pans coupés, éclats de verre

braises qui connaîtront la résurrection

d’un recyclage retour au sable

 

le feu du soleil éteint le feu de plage à peine couvé

et le levant m’amène en uniforme

remonter un à un les bois à demi-charbon

crayons de plomb

traçant un sillon dans la dune

au milieu des Oyats coruscants

ne pas tuer l’Immortelle

ni piétiner le Pourpier

ne pas laisser la Soude brûler

redescendre chercher

cartons carbonisés

bouteilles fumées

capsules brandons de rouille

mégots

cendrier géant de la crique

filtres immortels des cigarettes

 

le soleil a décidé

 

de se lever

sur le haut de falaise

enluminant les pelouses maritimes

armoiries chatoyantes des Arméries

tapis moelleux à mes pieds 

tandis que j’embrase l’Ajonc nain, le Prunellier charbon

brûlis pour que la Bruyère

vagabonde

 

stries fuligineuses du plumage, verticales ou horizontales, c’est selon l’âge

le Faucon traverse l’air en pointe silex

ses cris calcinent les tympans

il tombe telle une météorite enflammée

sur ce Goéland inexpérimenté, fulgurance juvénile

lui fracasse la nuque

déguste son cerveau

lui incendie les entrailles

le Faucon arrive du petit bois de bord de falaise

 

où le soleil a décidé

 

d’illuminer les Pins maritimes

juste assez pour mordorer les frondaisons desséchées

de la fournaise de l’été

crépitation des pommes de Pins

quand leurs écailles s’écartent

 

prisonnières du poêle

l’hiver

toquant à la vitre ignifuge

les brandes hurleraient : feu !

 

vorace et cependant nourri

le feu s’asphyxie en fermant les écoutilles

 

mais ici

sur les plages

dans les bois

sur les falaises

sous les écorces

gravure graphite des Scolytes

pourpre du Héron cendré

pelage roussi du Renard

frôlement flammé des Engoulevents

TOUT brûle à mes sens

 

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