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Baleine-usine

August 10, 2018

Vincent Lecomte a présenté en septembre 2016 une société de dessins accompagnée d'une pièce sonore ayant pour unique objet une chimère : la baleine-usine. La figure lui a été inspirée par le neuvième opus de Drawing restraint de Matthew Barney à partir duquel il a rédigé un article dans Art, architecture, paysage. À l’époque post-industrielle, paru la même année aux Presses Universitaires de Saint-Étienne. Le film de Barney a pour personnage principal le Nisshin Maru, le plus grand navire-usine de la flotte baleinière japonaise. Mais l’œuvre est hantée par une absente de taille, la baleine elle-même.

 

Dans sa composition Vincent Lecomte mêle chant animal et sons issus de l'univers sonore d'un baleinier, incarnation d'une industrie dont l'appétit est insatiable. Proie et prédateur s'unissent jusqu'à se confondre et parfois échanger leur rôle. La baleine semble soudain reprendre corps face à une machinerie qui a voulu évacuer le tragique de son extermination, déplaçant le combat vers des champs économique et écologique. Dans le travail de Vincent Lecomte, animal et industrie forment un jeu graphique et sonore, qui parle d'abord de la petite usine à images qui habite chacun d'entre nous.

 

Cette œuvre entend brouiller les pistes pour mieux mettre en évidence les paradoxes de notre rapport à l'animal. L'homme est fasciné par ce géant fragile que représente la baleine et pourtant s'accommode de la production massive issue du cétacé. Nos esprits sont noyés par le flux d'une autre industrie, celle de l'information sans cesse plus dense. Un rêve permanent et inquiétant semble nous gagner rendant notre perception du monde de plus en plus chimérique. Tout comme le baleinier a redessiné la mer pour en faire un vaste paysage industriel, nous percevons le monde comme une grande fabrique d'images confondues, appauvries.

 

 

 

 

 

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