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Arbre angulaire

September 18, 2017

Mythologie toute personnelle                cet arbre pétrifié par l’imaginaire

le coup de foudre          qui l’a amoché              et celui qui m’a frappée

                          intensité                        exactitude

du lieu de la date gravée au couteau dans la chair de ma mémoire

 

Statue aride

l’arbre accueille

celles et ceux qui s’apprêtent à descendre plus d’une centaine de marches

billots mal dégrossis

dans une pente abrupte droit en bas à ses pieds

un rivage          une plage          un peu le bout du monde

juste avant        la bascule         à l’horizon

 

Mais surtout cet arbre                veilleur intemporel d’une communauté

étonnamment vivace qui danse et pirouette bariolée

sur le sable en contrebas            là où elle se blottit         au nez et à la barbe

des projets immobiliers et temples de la haute finance

aveugles cœurs crevés  

 

épouvantail usé du temps          délavé par le vent

figure d’une fierté pauvre silhouette décharnée

 

contraste saisissant contre le ciel franc

là irrésistible     les contours de la dignité

tranquillement un alphabet du respect

tatouage sur l’âme et la rétine

 

                                                                                  * * *

 

Sa préséance    depuis combien d’années

 

Capitulation des aléas impuissants des saisons

signature          l’enchevêtrement de ses branches et brindilles

dessine des idéogrammes indéchiffrables           un passé dépareillé

corps atrophié en quête de bienveillance

chaleur pression          une main – peut-être

dans sa raideur hirsute de bois mort

tourné vers les autres le monde et le large

tronc glabre comme malade

on ne s’y frotterait pas mais on s’imaginerait

volontiers rapace perché à son sommet

girouette peu gracieuse

arbre de paix

au fil des années de doute

 

Cet arbre angulaire de mon imagination est-il toujours là

surplombant le bord du monde et ses cerfs-volants d’hiver

son peuple coloré qui réinvente l’été

et ce que « debout » veut dire à longueur d’année

sa verticalité ébouriffée vivante colonne vertébrale

défit le temps de la calcification

innerve de toutes les fissures de son écorce

le peuple d’arbres d’eaux et de roches qui m’enracinent

où que je me trouve

 

 

 

 

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