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Poussée intime (2ème partie)

Et aujourd’hui ?

Nathalie Jover, céramiste, fait cuire sa terre en un souffle. Elle laisse la dimension organique suivre ses pas, ses lignes. Elle l’éveille simplement à un bref décollement du sol comme on offre ses mains pour faire marcher un enfant.

 

Des caresses à la terre
Naissent des vagues-céramiques,
Des corolles à thé
Des virages sûrs
Et des ouvertures au soleil.
Nathalie Jover ne sculpte pas la nature,
Elle se saisit de ses ondes.

 

Petros Koublis, il n’est sûrement pas le seul à remettre de la magie en la figure de l’animal. La magie utilise des interfaces, des signes, des images pour nous reconnecter à des lois et des manifestations de mondes oubliés.

 

Il y a du dessin
plus que du temps
chez Petros Koublis

du pastel et de l’air
un fin fil d’arbre
de la pluie comme
des étoiles
des sillons de roseaux
qui parlent aux monts

des chevaux
une vache que l’on découvre
comme un personnage
une magie des lieux
presque inventée

des lumières de contes
une brume pour
resserrer l’espace

 

Les sculptures de Paul Wallach

s’expriment en morse à nos cœurs.

 

Vibrations en salle d’exposition, de jeunes pousses, des élans, de nouveaux sens aussi.

 

Les murs et les sols ont comme un langage pour un premier chant,
une expression acoustique et frêle.

 

Ces artistes délaissent l’actualité, s’écartent du théâtre économico-politico-médiatique pour en bâtir un autre où les feuilles et leur langage ne sont plus oubliés. La maturation de leurs œuvres se camoufle dans le flux des choses pour écouter un bruit intime si présent. Ils ont « Cess(é) de se penser comme un moi pour se vivre comme un flux, un ensemble de flux, de relations avec d’autres flux, hors de soi et en soi » (Gilles Deleuze).

 

Deux autres artistes portent pour posture, celle de réveiller l’humain de son emprise.

Michelangelo Pistoletto crée un appel en un signe. Un troisième paradis, une grande chambre qui repousse les murs des ronds de l’infini. Il tente le portrait, la catalyse de ce qui est à venir. « […] l’humanité reste encore aux portes de ce troisième paradis, soumise qu’elle est toujours aux arcanes d’un progrès sans limites, dans l’illusion d’une terre aux ressources infinies ».

 

 

 

Céline Cléron, quant à elle, mêle avec joie nature et culture. Elle provoque chez l’humain une auto-dérision bienvenue, un sens du ridicule millimétré pour nous défaire de nos vestiges encombrants. 

 

  

Je propose aux artistes de retrouver la poussée intime de l’œuvre, aux spectateurs et aux critiques de capter son élan sensible sans le démonter avec un arsenal intellectuel. Oublions l’art « révélateur » de société, laissons croître notre jardin d’art simple et fou, arrosons, protégeons parfois d’insectes malveillants, retournons à l’école des buissons, celle où l’on oublie que l’on sait, celle où chacun et chaque chose germe, croît et offre.

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