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Nous sommes bien pauvres pour parler de la forêt aux côtés de nombreux peuples amis et résidents millénaires des forêts, ni occidentaux encore moins naturalistes au sens où Philippe Descola l’entend dans Par-delà nature et culture. Nous pouvons questionner notre regard, se demander comment circonscrire/décrire/donner à voir en mot, en image « la » forêt, et ses innombrables variations d’écosystèmes.

Cette question amène celle de l’axe d’approche, de l’intérêt que porte une vision, une création sur son sujet. J’offre deux exemples dont le premier est celui de l’œil dit « de l’insecte », comme le décrit Hugh Raffles dans Insectopedia à propos d’un Japonais collectionneur d’insectes :

[...

Il est des poèmes que l’on crée avec le lointain, par l’inconnu. En fermant les yeux apparaissent des images que l’on tisse auprès des vieux tiroirs de sa mémoire.

Je me suis prêtée au jeu d’écrire pour les femmes de pêcheurs, et conter leur attachement à cette étendue qui les cerne, la mer. Des silhouettes de dos que leur costume et leur verticalité rendent stoïques, les pieds au sol, le cou tordu vers l’horizon. Elles sont telles des balises qui lancent au couchant leur tristesse, leur espoir, leur rage. J’ai voulu me fondre en leur plainte et rêver comme elles, de défaire la tempête comme on efface un dessin.

                                                           Guérisseuse...

Et aujourd’hui ?

Nathalie Jover, céramiste, fait cuire sa terre en un souffle. Elle laisse la dimension organique suivre ses pas, ses lignes. Elle l’éveille simplement à un bref décollement du sol comme on offre ses mains pour faire marcher un enfant.

Des caresses à la terre
Naissent des vagues-céramiques,
Des corolles à thé
Des virages sûrs
Et des ouvertures au soleil.
Nathalie Jover ne sculpte pas la nature,
Elle se saisit de ses ondes.

Petros Koublis, il n’est sûrement pas le seul à remettre de la magie en la figure de l’animal. La magie utilise des interfaces, des signes, des images pour nous reconnecter à des lois et des manifestations de mondes oubliés.

Il y a du dessin
plus que...

February 16, 2017

Comment imaginer une poussée intime de l’œuvre ? La première partie de ce texte vise à configurer un cadre de pensée à cette question en s’appuyant sur trois figures emblématiques du monde de l’art, Gaston Chaissac, Joseph Beuys et Aby Warburg.  La deuxième partie nous invite à découvrir des plasticiens contemporains dont les démarches se lient en différents points, rendant lisible et à l’œuvre une poussée intime analogue à celle que produit la nature. 

La nature et l’art reconfigurent leur dialogue. Ils ne sont plus l’un dans l’autre ou l’autre dans l’un. Mais posés en parallèle, en une poussée miroir, de celle de la plante et de celle de l’art. Deux processus qui se scrutent, de l...

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